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Le nouvel an au Japon

Voici un petit guide pour tout (ou presque) savoir sur Oshôgatsu (お正月), le nouvel an japonais, Oshogatsupériode festive très importante au Japon. De nombreuses coutumes prennent place pendant cette période, illustration du poids des traditions dans ce pays.

Avant Oshôgatsu, souhaitez la bonne année de cette manière :

« Yoi otoshi wo »

 

 

Les préparatifs et Ômisoka 大晦日 :

La veille du jour de l’an kadomatsu-oshogatsu-Motivist

En réalité les préparatifs démarrent quelques jours avant le nouvel an. Il s’agit tout d’abord de procéder à un grand nettoyage (Osoji) afin de commencer la nouvelle année sur de bonnes et saines bases. On prépare aussi les plats qui seront dégustés les jours suivants (voir Ôsechi, ci-dessous) – selon la tradition qui veut qu’on évite de cuisiner les trois premiers jours de l’année.

On décore aussi la maison. Par exemple, Shimekazari (しめ飾り), fait de paille, de papier et d’une orange, est accroché à la porte d’entrée de la maison – cela doit apporter la prospérité au foyer. Shimenawa (標縄) est une corde de paille tressée qui porte bonheur et éloigne les mauvais esprits. Enfin, un Kadomatsu (門松) (voir ci-contre), fabriqué de bambou, de paille et de pin symbolise  la longévité (on trouve de plus en plus des illustrations de KadomKagamimochiatsu sur des feuilles de papier à la place des originaux …). Autre référence aux superstitions, le Kagami-mochi (鏡もち) est un gâteau de riz rond, rappelant la forme des miroirs d’autrefois, ces objets où les dieux résident.

A cette période de festivité, beaucoup de japonais retournent chez eux. C’est la raison pour laquelle une ville comme Tokyo est relativement désertée (toutes proportionssoba-Motivist gardées).

Le soir, une émission japonaise sur NHK est très suivie.  Il s’agit d’une émission de variétés où les chanteurs les plus en vogue du moment s’affrontent. Pendant plus de 4 heures, jusque 23h45, la soirée des japonais s’accompagne donc souvent de musique.

Il est aussi de coutume de manger un bol de toshikoshi-soba (年越し蕎麦). Les longues nouilles sont un symbole de longévité.

 

Joya no Kane (除夜の鐘) : Les cloches retentissent 108 fois

Vers minuit, des cloches retentissent (si vous êtes au Japon, vous les entendrez forcément, où que vous vous trouviez) 108 fois – une fois pour chaque pêché ou tentation terrestres dont nous nous débarrassons alors en passant à la nouvelle année. C’est la tradition bouddhiste de Joya no Kane.  C’est pour les japonais une manière de se « purifier ».

 

Ganjitsu (元日) : Le jour de l’an Hatsumode-Japan

Après le petit déjeuner (voir ci-dessous), on visite souvent le temple (c’est Hatsumode (初詣) – visite qui prend aussi place les jours suivants). On prie pour passer une bonne année, on achète des porte-bonheurs, on cherche aussi à savoir comment l’année va se passer grâce aux Omikuji (morceaux de papiers que l’on choisit au hasard). On peut aussi manger et boire.

Une fois la visite au temple terminée, on se rendra éventuellement dans les magasins pour profiter de bonnes affaires (voir Fukubukuro). Bien sûr on se relaxe aussi simplement à la maison, en famille ou entre amis.

 

Ôsechi (おせち) : La nourriture

Pendant Oshôgatsu, on passe beaucoup de temps à table. Ôsechi est servi dans de jolis Osechibentos à plusieurs niveaux. On partage de nombreux plats dont la signification est basée sur l’apparence des aliments eux-même, ou sur des jeux de mots – autant de manières d’exprimer des voeux pour la nouvelle année.

Par exemple « mame »  – « haricots noirs » – peut signifier phonétiquement « la santé ». La daurade est symbole de bonheur, les racines de lotus (« renkon ») symbolise un futur sans obstacle puisqu’on peut bien le voir à travers ses trous, une crevette représente une vie longue  (elle ressemble à un vieillard barbu au dos recourbé), des omelettes dorées symbolisent la prospérité, des oeufs de poisson la fertilité …

Chaque jour, les mochis (gâteaux de riz) accompagnent les repas, consommés dans la soupe, ou grillés et mangés avec de la sauce soja. Pour finir, le 7 janvier on mange la soupe des « 7 épices » (nanakusagayu).

Durant Oshôgatsu on n’utilise pas les baguettes habituelles. On utilise des Iwai-bashi (祝箸), dont les bouts sont affinés aux deux extrêmités, au lieu d’une seule. Vous mangez d’un côté, tandis que l’autre côté est réservé à un dieu. Faites donc attention de n’utiliser qu’un seul côté.

Otoso (お屠蘇) : Le « sake » de la nouvelle année

Trois verres sont partagés par la famille. On boit à tour de rôle, des plus jeunes aux plus anciens, ces derniers bénéficiant ainsi de la « vitalités » des premiers.

 

Après le nouvel an

La manière de souhaiter la bonne année est de dire « akemashite omedetô« . Comme dans nos pays, on salue ainsi les gens en janvier lorsqu’on les voit pour la première fois depuis la nouvelle année.

Otoshidama (お年玉) : Les étrennes des enfantsOtoshidama

C’est une coutume très attendue par les enfants … Ils reçoivent en effet dans de jolies enveloppes (voir ci-contre) de l’argent de leurs parents, grand-parents, oncles … Si tous les petits japonais ne reçoivent pas de cadeaux à Noël, Otoshidama est le moyen sûr pour eux de collecter de l’argent et peut-être de pouvoir ensuite acheter les jouets de leurs rêves.

 

Nengajo(年賀状) : Les cartes de voeux

Un passage important vers la nouvelle année consiste à préparer ses cartes de voeux. Si on Nengajoles poste suffisamment tôt, la poste japonaise (toujours très efficace) s’engage à ce que les destinataires la reçoivent le 1er janvier (on ne l’a pas mentionné mais beaucoup de japonais travaillent le jour de l’an !). Les cartes souhaitent invariablement la nouvelle année de cette manière : « Akemashite Omedeto Gozaimasu » suivi de « Kotoshi mo Yoroshiku Onegaishimasu » (« merci d’avance pour votre soutien »). Elles sont illustrées selon la choix ou la créativité de chacun.

Les nengajo sont un moyen pour les japonais de rester en contact avec de vieux amis. On y fait souvent figurer sa famille et une représentation du signe du zodiacal chinois de la nouvelle année (le coq en 2017). A noter que les cartes postales comportent des numéros … de loterie. En envoyant des cartes, on participe ainsi à une large loterie nationale dont les lots peuvent être très attractifs (voyages …).

Fukubukuro (福袋) : Les « Lucky Bags » des centres commerciaux

Autre aspect marcantile au milieu des traditions: au jour de l’an les magasins proposent de faire de bonnes affaires, notamment via les fukubukuro (« lucky bags »), dans lesquels sont disposés des invendus à des prix attractifs. Certains japonais n’hésitent pas à faire la queue des heures avant l’ouverture des magasins pour en profiter …

 

Oshôgatsu est un des moments de l’année les plus attendus par les japonais. Remplie de symbole jusque dans ses moindres détails, cette période permet de reserrer les liens familiaux, tout comme les traditions, elles, maintiennent une certaine cohésion de la société japonaise.

 

Bonne Année à tous !

Akemashite Omedeto Gozaimasu !

Kotoshi mo Yoroshiku Onegaishimasu !