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Le récit de Nina, la gagnante de notre concours

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C’est en commençant ce texte que mon « aventure » * se termine. Je devais écrire semaine par semaine mais prise par le temps je n’ai pas pu le faire. Une grande partie de ce texte a été écrite dans le train et chez le coiffeur. Voici donc le « débriefing » ou résumé de cette expérience qui m’a beaucoup apporté.   

Comme vous l’auriez compris, ici le temps passe vite, trop vite. Entre les cours, les devoirs et les excursions, je ne sais pas où donner de la tête. De plus on ne peut pas dire que le repos est de mise. Même si je suis toujours par monts et par vaux je veux toujours en faire plus. C’est l’effet de ce pays sur tout le monde je pense.

Tous les matins je vais à Futaba (l’école de japonais à Chiba). À l’heure où je vous écris, les cours de demain seront mes dernières heures de cours. Entre le premier jour d’école et le dernier je peux constater une nette évolution de mon niveau de japonais. D’ailleurs cette progression s’est vue dès la première semaine de cours seulement. En parlant, écoutant et lisant japonais tous les jours on prend l’habitude de la langue ce qui rend l’apprentissage plus facile. Mes camarades de classe venant d’un peu partout (Taïwan, Corée, Singapour, Népal, Vietnam, …) et ne parlant pas forcément anglais, nous pratiquons notre japonais constamment. Dans une expérience comme celle-ci on peut se sentir seul au début mais une fois qu’on a rencontré les bonnes personnes, on est comme un poisson dans l’eau.

 La première semaine était vraiment celle de l’adaptation. Je n’avais pas de jet-lag mais mon estomac étant très sensible j’ai eu du mal avec la nourriture (le manque de légumes et de fruits se faisait sentir). Le climat non plus n’a pas aidé. Cependant même avec ces petits problèmes j’ai pu participer à des événements.

Pendant la première semaine c’était le festival de Tanabata. Nous n’avions pas encore cours donc on avait le temps d’y participer. Ce festival célèbre une légende où 2 amoureux, séparés par une rivière d’étoiles, ne peuvent se retrouver qu’un soir par an, le sept juillet. Pendant la période de Tanabata il est coutume d’écrire un souhait ou un remerciement sur une carte que l’on accroche ensuite à une branche du bambou prévu à cet effet. Au sein de l’école nous avions des bambous également. Avec mes camarades russes nous sommes allés au temple de Chiba pour assister à une cérémonie prévue pour Tanabata.  Le week-end, pour clore cette semaine consacrée au Tanabata, je suis allée à Ueno et à Asakusa avec une amie japonaise, Moe, pour voir la parade réalisée pour Tanabata. J’étais contente de finir cette semaine « d’adaptation » en allant voir mon amie. Les cours n’ayant pas encore commencé je n’avais pas encore beaucoup de connaissances, seulement trois ou quatre, ce qui pouvait être parfois étouffant.

C’est donc au début de la deuxième semaine que j’ai commencé les cours. Comme dit plus haut, cela faisait du bien de voir d’autres étudiants et surtout d’autres étudiants du même niveau. J’ai donc rencontré pour la première fois mes camarades de classes, des personnes sympathiques, accueillantes et avec le sens de l’humour. Très vite nous sommes tous devenus amis. Le midi il n’est pas rare que l’on mange en petit groupe au restaurant et l’après-midi de travailler côte à côte sur nos kanji. J’ai même été invitée plusieurs fois à venir manger le soir. C’est ce que j’ai tout de suite aimé avec l’ambiance de Futaba, ne pas ressentir le fait que l’on n’est que de passage. En faisant des activités avec les personnes de l’école mais aussi en-dehors de cette dernière, je pense réellement que l’on crée des liens plus forts.

Etant plus à l’aise avec mon environnement pendant la deuxième semaine, c’est là que j’ai commencé à vraiment explorer les environs. Par exemple je suis allée à Makuhari (un quartier de Chiba) pour aller à la rencontre de l’équipe de Motivist Japan, des personnes très sympa ! J’ai aussi finalement pu y voir la mer. J’y suis même allée accompagner d’une lycéenne du nom de Yui que j’ai rencontrée dans la rue ! C’est dans ces moments-là que je me suis rendu compte des progrès faits.

Avec l’école je devais également aller à un festival à Sawara mais à cause d’une insolation attrapée sur la plage je n’ai pas pu y aller. Le week-end j’ai cependant pu aller avec Moe à Harajuku pour voir les nouvelles tendances de Takeshita-dori, manger des crêpes et faire des photos dans un purikura. Nous sommes aussi allées au Meiji-jingū, un célèbre sanctuaire shintoïste se situant dans une forêt en plein centre de Tokyo à quelques minutes de Takeshita-dori. Ce mélange de tradition et d’innovation est l’une des facettes les plus intéressantes du Japon à mon goût. D’un côté un Japon très calme, couleur pastel et de l’autre une explosion de bruit et de néons.

Pendant ce séjour j’ai pu voir en continu ces deux visages qu’a le Japon. Pour le côté tradition j’ai pu faire de la calligraphie, pratiquer la cérémonie du thé, aller prier au temple, porter un yukata … Pour le côté moderne, je suis allée voir un concert dans un petit live house à Saitama où j’ai pu échanger avec les artistes. J’ai déambulé dans les rues de Ginza et celles de Shinjuku, je suis allée au karaoké avec mes amies Anju et Moe et à Omotesando je me suis teint les cheveux en violet ! Ces deux Japon ressemblent aux feux d’artifice que j’ai pu voir à Adachi. Le feu d’artifice est un art ancestral mais se réinvente tout le temps. 

Grâce à cette expérience j’ai pu en apprendre plus sur la culture japonaise autre qu’à travers un écran ou un livre. Connaître la culture est quelque chose d’essentiel lorsqu’on apprend une langue et d’autant plus pour le japonais où chaque kanji renferme une histoire.

Je suis quelqu’un qui a la chance de voyager et donc qui essaie de le faire plutôt souvent. J’ai donc déjà à plusieurs reprises eu à dire au revoir aux personnes rencontrées pendant le périple. Cependant je tenais à dire que je n’avais encore jamais eu autant voulu rester. Ce n’est pas tant pour la ville, Chiba n’étant pas la ville la plus attractive du Japon **, mais c’est pour les personnes qui y vivent. Je peux maintenant dire que je ressors plus heureuse et épanouie de ce séjour.

Je remercie infiniment l’équipe de Motivist Japan de m’avoir offert ce voyage, qui j’espère n’est pas le dernier en direction du Japon. Je tiens spécialement à dire merci à Frederic de Motivist Japan qui a toujours été là pour moi, pour me conseiller, me faire découvrir le Japon comme il le pouvait et qui s’est investi au maximum dans mon expérience.

 

どもありがとうございます!

  

Nina Soufi

* NDLR 1 : Nina a gagné notre concours organisé en Mars

** NDLR 2 : Nina, Chiba n’est pas juste le centre-ville (qui effectivement n’est pas super attractif) … La prochaine fois, explore la péninsule, Chiba Boso … 😛